Les courses populaires de chevaux: une fête pour tous les âges

Pour la 25e fois, les Compagnons du cheval organisent dimanche leurs courses populaires, à Estavannens. «Pour moi, c’est une des plus belles fêtes en Gruyère», s’enthousiasme Roland Ropraz, initiateur de la manifestation. Le Sorensois se montre ravi de voir, année après année, que cette journée demeure fidèle à son idée de départ: «populariser le cheval».
Les chevaux, Roland Ropraz les côtoie «depuis tout gamin». Une passion qu’il a assouvie aussi bien par des concours hippiques que par l’élevage. En 1978, il est membre du syndicat demi-sang fribourgeois, quand se tient une exposition intercantonale de chevaux du pays, au Marché-couvert, de Bulle. Fernand Pittet, président du syndicat et «meilleur connaisseur de chevaux du canton», propose d’organiser quelques courses. Elles seront renouvelées en 1979. «Ensuite, les syndicats ont décidé de faire une expo tous les trois ans. Je me suis dit que si on ne faisait pas des courses chaque année, on serait oublié.»
Roland Ropraz imagine alors des épreuves ouvertes à tout le monde. Le déclic, explique-t-il, a eu lieu avec son poney. «Tous les enfants du quartier venaient le voir. J’ai pensé qu’ils devraient pouvoir participer à une course, même avec une crouille paire de bottes.» Il présente son idée au comité du club équestre de Bulle, dont il fait partie. «Je leur ai dit: “Vous verrez qu’un jour il y aura des milliers de personnes.” Ils m’ont pris pour un fou…»

Naissance des Compagnons

Pas découragé, Roland Ropraz décide de fonder une nouvelle société. Avec Eric Bonnet et Dominique Pasquier, ils passent nombre de soirées à mettre au point le projet. «J’ai demandé à Eric de préparer une liste de noms. Quand j’ai lu Les Compagnons du cheval, je n’ai pas été plus loin. Nous voulions une société ouverte à tous. Il n’y a pas besoin de posséder des chevaux. Il faut juste être un vrai compagnon, prêt à s’engager.»
L’assemblée constitutive se déroule au printemps 1980, avec une quinzaine de membres, alors qu’ils sont plus de 100 aujourd’hui. Cette même année, les Compagnons organisent leurs premières courses, sur le terrain des Boutheys, à La Tour-de-Trême. «Dès le début, nous avons ouvert à toutes les races de chevaux, les franches-montagnes, les demi-sangs, les purs-sangs, les poneys…»
Du côté des cavaliers aussi, l’éventail est large, puisque les plus jeunes, sur des poneys, ont à peine 6 ou 7 ans… Autre idée de base: récompenser tous les participants et engager un jury neutre, de l’extérieur. «Nos courses ne sont pas officielles, mais nous les gérons presque aussi bien que des professionnels», résume Roland Ropraz.
Année après année, les courses populaires se sont développées. Désormais, elles attirent 5000 à 6000 spectateurs, amis des chevaux, simples curieux, familles… Rares sont les fêtes à permettre un tel mélange de population. «Sur ce plan, c’est réussi à 300%. On a aussi permis un retour à la nature avant que ce soit à la mode.»
Peu à peu, ce rendez-vous du premier dimanche de septembre est devenu «la course des Boutheys». Jusqu’en 2001, dernière édition à se dérouler sur le terrain de La Tour. Pour cause de construction de la H189. Faute de trouver un autre site, l’édition 2002 n’a pas lieu. La course renaît l’année suivante à Estavannens, aux Tollas. «Une très bonne situation, dans un magnifique paysage», commente Roland Ropraz.
Désormais président d’honneur des Compagnons, le fondateur continue à donner des coups de main pour l’organisation de «sa» fête.  Il faudrait pouvoir recruter de nouveaux membres prêts à se dévouer…, pour que continue encore longtemps cette «fête simple, où chacun se sent bien».